On peut associer la morale
à la norme et l'éthique à la visée. Ainsi, il y a primauté de l'éthique sur la
morale car la visée est plus générale que la norme. Cependant, la visée éthique
doit s'incarner dans des règles morales (des normes). Il n'en demeure pas moins
que l'éthique permet le dépassement des normes (la morale) devenues inadéquates
(voir Paul Ricoeur, Soi-même comme un autre, Paris, Seuil, 1990,
notamment à partir de la page 200). De plus, l'éthique n'est pas un surplus
d'âme qui s'ajoute à l'action mais au contraire quelque chose qui agit et se
manifeste à l'intérieur même de l'action et en constitue la dimension
proprement humaine. Par exemple, chez Habermas (Théorie de l'agir
communicationnel, 2 volumes, Paris, Fayard, 1987) l'éthique est présente
dans l'action de communiquer, c'est-à-dire plus précisément, dans la rencontre
entre des acteurs qui s'interdisent l'argument d'autorité, l'intimidation, la
menace ou la violence physique et cherchent plutôt à se comprendre par la
parole. Finalement, dans son ouvrage Le paradoxe de la morale (Paris, Le
Seuil, Collection «Points», 1989), Jankelevitch soutient que ce qui constitue
véritablement l'exigence éthique, selon sa terminologie, c'est la
«préférabilité inconditionnelle d'autrui». Celle-ci ne s'exprime pas envers un
seul type d'hommes ou une seule catégorie d'individus mais envers tous les
êtres humains.
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