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vendredi 24 mai 2019

Mystères du quantique

Dans la physique quantique, on ne peut permutter les signes comme on peut le faire dans d'autres domaines. Ainsi, en physique quantique, 5X2 n'est pas égal à 2X5 (géométrie non cumulative de Heiseinberg). 

Par ailleurs, certaines expériences ne vous donneront jamais le même résultat.

Par exemple, on fait passer un électron dans une fente de diffraction qui possède la grandeur de sa longueur d'onde. Qu'est-ce qu'on obtient ? 

Et bien, un résultat toujours différent à chaque reprise de l'expérience; de sorte qu'il est impossible de reproduire le même résultat. 

En fait, dans une certaine mesure, on n'a pas de contrôle sur cette matière car on ne peut faire en sorte que cet électron « atterisse » toujours au même endroit.

Cela se nomme l'aléa quantique.

Donner la vie

Pour avoir envie de donner la vie, il faut porter en soi une certaine foi, quelle qu'elle soit.

Vivre

Vivre c'est se lancer dans une aventure dont seule la fin est connue.

Grandir

À l'écoute des grands on ne peut que grandir.

Confusion

On confond si souvent la vertu de « croire en soi » avec l'absurdité de ne croire qu'en soi.

Portes fermées

On se croit ouvert aux autres et on prend soin de bien fermer toutes les portes derrière soi.

Modestie

Modestie, si tu étais davantage répandue et partagée, le monde s'en porterait bien mieux.

Se vaincre

Se vaincre soi-même semble être devenu quelque chose qui ne dit plus rien à personne, on préfère vaincre les autres ou la matière.

Davantage et un peu moins...

Il faudrait douter davantage et affirmer un peu moins, écouter davantage et parler un peu moins.

Jamais

On ne lit jamais assez, on ne médite vaiment trop.

Sagesse ratée

Se croire irremplaçable s'est faire la démonstration qu'on a raté la sagesse.

Anti-thèse de l'amélioration de soi

On ne peut devenir meilleur en ne faisant que s'écouter.

Abrutissement

Le dépérissement de la culture n'est peut-être qu'une illusion mais l'abrutissement semble pour sa part bien réel.

Morale immorale

Pour trop de gens, la morale s'arrête à leur intérêt.

Les voyageurs aveugles

Ils voyagent partout en ne voyant que ce qui a été conçu pour eux comme divertissement et ils croient connaître le monde.

Une métaphore baffouée : Des nains sur des épaules de géants

Des nains sur des épaules de géants (du latin : nani gigantum humeris insidentes) est une métaphore attribuée à Bernard de Chartres, penseur du 12e siècle. Il voulait montrer l'importance pour toute personne souhaitant élaborer une pensée savante de s'appuyer sur les travaux des grands penseurs du passé (les « géants »).

Malheureusement, trop « d'intellectuels » et de « savants » ignorent cette sage métaphore et se considèrent en fait comme des géants tout en voyant leurs prédécesseurs comme des nains. Orgueil démesuré de l'être humain lié à notre stupide Hubris.

jeudi 23 mai 2019

Anthropologie et sociologie : repères sur la culture


L’anthropologie est la discipline de base lorsqu’on pense à la culture (Mercier, 1966). Or, que nous apprend-t-elle ? Plusieurs choses. D’abord que chaque culture a une valeur en elle-même car elle est unique dans l’espace et le temps (Piette, 2006). Mais cette unicité ne signifie pas homogénéité ni pureté. En effet, une culture – même chez les peuples isolés – n’est jamais le fruit d’un développement totalement endogène (Kilani, 1989). Les peuples sont en communication avec les autres peuples dans l’espace et dans le temps. Cette communication entraîne des emprunts multivoques et multidirectionnels (Laplantine, 1987). Ainsi, on l’aura compris, pour l’anthropologie il ne saurait exister une telle chose qu’une culture sans appropriation culturelle au sens où l’histoire humaine est faite de rencontres heureuses ou malheureuses, de métissages, de dialogues, de mise en commun mais aussi parfois de vols (Augé, 1994).

De son côté, la sociologie, plus sensible aux questions et aux enjeux qui traversent les sociétés industrielles et post-industrielles, a regardé la culture sous un angle quelque peu différent, à savoir que son analyse s’est davantage portée vers les différences culturelles entre des groupes sociaux au sein d’une même société (Ansard, 1990). Il s’agit alors moins d’analyser la culture comme possession et emprunt, c’est-à-dire comme une chose que l’on a et qu’on échange, que d’étudier la culture comme marqueur identitaire (Berger, 1986).  Mais là aussi, tout comme pour l’anthropologie, la sociologie n’a pu que constater le métissage qui nous qualifie (Herman, 1988). En fait, elle a même constaté que ce qui qualifie la modernité tardive que nous vivons actuellement c’est précisément le brouillage des marqueurs et symboles culturels autrefois assez stricts entre les classes. Les travaux de Bernard Lahire (1998) par exemple – en critiquant les positions de Bourdieu – mettront bien en évidence que l’homme est pluriel et que ses pratiques culturelles sont maintenant multiples, bigarrées, faites d’emprunts à d’autres classes sociales, à d’autres groupes ethniques, voire à d’autres sociétés.

Bref, tant l’anthropologie que la sociologie nous donnent à voir un monde où la pureté culturelle n’existe pas et où l’emprunt est la règle. Plus encore, leurs travaux sur nos sociétés actuelles mettent en évidence que l’individu se sert de la culture comme d’un vêtement. Ce qui a fait dire à Abdallah-Pretceille et Porcher (1996, 1998, 1999) que nous devrions plutôt parler de culturalité que de culture dans nos sociétés modernes. Ainsi, faire usage du concept de culturalité : C’est prendre acte du métissage de nos cultures, c’est refuser le mythe de la culture unitaire et homogène. C’est mettre l’accent sur la fluidité, la complexité, le contradictoire, c’est refuser de réduire autrui à n’être qu’un porteur de culture et le voir plutôt comme créateur de culture, comme interprète de ce qui le constitue. C’est refuser la causalité culturelle comme seule et unique explication des relations avec l’altérité. C’est passer d’une analyse en termes de structures et d’états à une analyse en termes de processus. C’est se rendre compte que la compréhension ne relève pas de l’ordre de l’inventaire (une description des traits culturels demeure toujours réductrice). C’est enfin comprendre que si la culture détermine dans une certaine mesure les comportements, en retour l’individu « utilise » la culture pour « dire et se dire ».

Références

Abdallah-Pretceille, M. (1999). L’éducation interculturelle. Paris : PUF.
Abdallah-Pretceille, M., Porcher, L. (1996). Éducation et communication interculturelle. Paris : PUF.
Ansard, P. (1990). Les sociologies contemporaines. Paris : Seuil. 3e édition.
Augé, M. (1994). Pour une anthropologie des mondes contemporains. Paris : Flammarion.
Berger, P. L. (1986). Comprendre la sociologie. Paris : Du Centurion. 2e édition.
Herman, J. (1988). Les langages de la sociologie. Paris : PUF.
Kilani, M. (1989). Introduction à l'anthropologie. Lausanne : Payot.
Lahire, B. (1998). L’Homme pluriel. Les ressorts de l’action. Paris : Nathan.
Laplantine, F. (1987). L'anthropologie. Paris : Seghers.
Mercier, P. (1966). Histoire de l'anthropologie. Paris : PUF.
Piette, A. (2006). Petit traité d'anthropologie. Charleroi : Socrate Éditions Promarex. Collection «Science éphémère».
Porcher, L., Abdallah-Pretceille, M. (1998). Éthique de la diversité et éducation. Paris: PUF. 

Identité et appropriation culturelle


L’identité collective comme l’identité personnelle évolue dans le temps en fonction des expériences, des interprétations et réinterprétations de ces expériences. L’identité n’est donc pas un point fixe, immuable mais plutôt un processus en constant changement bien que certains éléments qui lui sont constitutifs puissent demeurer relativement stables. Le discours de l’appropriation culturelle est à cet égard relativement problématique car il semble évacuer cette dimension processuelle de l’identité, tendant à la figer sur certaines caractéristiques la plupart du temps relevant du passé (un passé parfois éloigné). Ainsi, les symboles autour desquels une culture se construit et se définit non seulement évoluent, certains symboles disparaissent, d’autres naissent, mais le sens de ces symboles et leur place dans l’identité de la culture peuvent varier aussi. De sorte, il peut être assez hasardeux de mobiliser des symboles culturels du passé comme éléments définitoires de la culture présente, surtout si ces symboles sont absolutisés.

Appropriation culturelle


Les attaques dénonçant l’appropriation culturelle semblent unanimement prêter une intention malveillante aux « appropriateurs ». Cette position, radiale, nous semble fortement questionnable. Bien des supposées appropriations semblent souvent être en réalité des hommages.

mardi 14 mai 2019

Les trois grandes périodes de la Grèce antique



Période pré-socratique
Environ 650 jusqu’à 500 av. J.C.
Trouver le principe fondamental qui régit le monde.
Trouver la substance originelle dont sont issus le monde et les choses.
Période classique
Environ 500 à 320 av. J.C.
Apogée de la civilisation grecque
Socrate, Platon, Aristote
Période hellénistique
Environ 320 jusqu’à 146 av. J.C. (conquête romaine)
Montée et écroulement de l’Empire d’Alexandre le Grand.

Vous avez dit identité professionnelle ?


L’identité professionnelle est un construit qui se situe à l’intersection des représentations de soi et d’autrui et de l’exercice du métier. Ces représentations mobilisent des connaissances, des croyances, des attitudes, des valeurs, des conduites, des habiletés, des finalités, des aspirations.

Parler de culturalité

C’est prendre acte du métissage de nos cultures, c’est refuser le mythe de la culture unitaire et homogène.
C’est mettre l’accent sur la fluidité, la complexité, le contradictoire, c’est refuser de réduire autrui à n’être qu’un porteur de culture et le voir comme créateur de culture, comme interprète de ce qui le constitue.
C’est refuser la causalité culturelle comme seule et unique explication des relations avec l’altérité.
C’est passer d’une analyse en termes de structures et d’états à celle en termes de processus.
C’est se rendre compte que la compréhension ne relève pas de l’ordre de l’inventaire (une description des traits culturels demeure toujours réductrice).
Références :

Abdallah-Pretceille, M. (1999). L’éducation interculturelle. Paris : PUF.
Abdallah-Pretceille, M., Porcher, L. (1996). Éducation et communication interculturelle. Paris : PUF.

Dimensions des représentations des enseignants

Elles sont :

Situationnelles (articulées autour de situations où elles se sont révélées performantes).
Idiosyncrasiques (processus personnel de construction).
Sociales (socialement conditionnées par la place de l’acteur).
Expérientielles (inscrites dans le monde de la pratique enseignante).
Théoriques (constructions explicatives du monde).

Qu’est-ce qu’une représentation ?


Un ensemble organisé d’opinions, d’attitudes, de croyances et de savoirs se référant à un objet, un événement, une situation, un phénomène.
Une représentation implique des interprétations, des émotions, des valeurs.

Qu’est-ce qu’apprendre par l’expérience au travail ?


En contexte professionnel, l’apprentissage passe en grande partie par l’action sur l’objet de travail.
Une action est contextualisée;
Elle est opératrice;
Elle est le fruit d’une interaction :
Avec l’environnement;
Avec autrui.

Trois types d'activités


Activités opératives (transformer l’environnement);
Activités de pensée (transformer les représentations);
Activités de communication (transformer autrui).

Qu'est-ce qu'une compétence?


Elle est un savoir-agir, un pouvoir-agir et un vouloir-agir.
Elle se déploie en contexte professionnel.
Elle est une action contextualisée.
Elle se fonde sur un ensemble de ressources internes ou externes au sujet.
Plus qu’un savoir-faire, elle exige le savoir qui la fonde.
Elle ne relève pas de l’ordre de l’application, mais d’un savoir-mobiliser en contexte d’action professionnelle.
Elle est une pratique intentionnelle.
Elle est une pratique finalisée.
Elle est un savoir-agir efficace et efficient.
Elle se manifeste de manière récurrente.
Elle s’inscrit dans le cadre du développement professionnel.

Qu'est-ce que le travail enseignant ?


Un travail interactif qui porte sur l’humain.
Une activité morale.
Un travail soumis à des contraintes organisationnelles et situationnelles.
Un travail finalisé.
Un travail complexe qui présente des caractéristiques de :
Stabilité;
Contingence;
Contradiction.

Savoirs et compétences des enseignants

Les savoirs et les compétences des enseignants sont multiples et proviennent de différentes sources : les sciences de l’éducation, les disciplines académiques, le ministère de l’Éducation, la tradition pédagogique, etc.
Ils sont fortement marqués par le contexte de travail et la biographie professionnelle.
La majeure partie de ces savoirs et de ces compétences se construit dans l’expérience concrète de travail.

jeudi 9 mai 2019

Culture organisationnelle malade du néolibéralisme

La culture organisationnelle influence le bienêtre des travailleurs. Cette culture, faite de politiques, et de règles explicites, mais aussi de croyances, de manières de faire et de pensée, de pratiques implicites, est le plus souvent mise en place et transformée au besoin par les dirigeants. La dérive néolibérale que nous connaissons a fait en sorte que la culture organisationnelle dans les entreprises privées mais aussi dans les établissements publics s'est nettement orientée vers l'atteinte de résultats, la rédition de compte, l'hyperproductivité ou la compétition, autant d'éléments qui accentuent le malêtre, l'épuisement, le désengagement. La culture organisationnelle axée sur la gestion néolibérale rend malade, elle est proprement inhumaine.

Honte à nos gouvernements

Le plus récent rapport d'OXFAM-Québec, paru au début de l'hiver 2019, souligne que nos gouvernements, depuis des décennies, exacerbent les inégalités en coupant dans les services publics, en sous-imposant les grandes entreprises et les grandes fortunes et en ne combattant pas les paradis fiscaux. Constat d'autant plus affligeant que les gouvernements de droite (ceux-là même qui sont le plus susceptibles de ne rien faire pour changer la situation) ont le vent dans les voiles.

OXFAM-QUÉBEC (21 janvier 2019). Le fossé se creuse entre les riches et les pauvres : le rapport d'Oxfam sur les inégalités dans le monde

mercredi 8 mai 2019

Le je partout

Nos médias ont ouvert toutes grandes les portes au "je" lequel s'étale partout, faisant ainsi de nos ondes un spectacle indécent d'égocentrisme.

vendredi 3 mai 2019

Penser l'histoire avec le philosophe allemand H.-G. Gadamer


À la suite de Gadamer, nous ne pouvons adhérer à une vision positiviste de l’histoire.

Car, notre relation à l’histoire est fondamentalement celle d’une appartenance.

Notre historisme, contrairement à celui que critiquait Gadamer, ne postule pas une succession de mondes clos sur eux-mêmes.

Nous sommes exposés à l’histoire; le passé se conserve malgré ses transformations et nous parle à travers la tradition (qui n’est pas nostalgie d’un monde ancien).

Cette tradition doit être passée au crible de l’analyse critique car elle englobe aussi les idéologies parfois aliénantes comme le disait Habermas.

Nous pensons l’histoire à partir de notre situation, notre vision est donc toujours finie, mais l’horizon qui est le nôtre se déplace avec nous. Le passé n’est donc pas altérité absolue.

Ce qui fut horizon du passé peut rencontrer l’horizon du présent : ce que Gadamer appelle fusion des horizons.

Cette fusion des horizons est possible du fait que je suis conscient d’être exposé aux effets de l’histoire et donc que l’histoire agit dans mes actes de compréhension.

En proposant l’idée de fusion des horizons, Gadamer réfute à la fois l’objectivisme (qui ne se pense pas comme conscience historiquement ancrée) et l’idéalisme (de type hégélien) qui pense l’histoire comme horizon unique (l’histoire comme avènement de la Raison).

Le passé est continuellement compris à partir de l’horizon du présent, il est réinterprété par rapport à notre situation présente. Pour nommer ce processus, Gadamer parle d’application.

Bien qu’il agisse sur nous, on ne subit pas simplement le passé, nous agissons sur lui et, ce faisant, nous agissons sur nous.

Si nous ne sommes jamais de parfaits innovateurs, nous sommes pas non plus de simples suiveurs.

En fin de compte, à l’instar de l’herméneutique nous pensons l’histoire comme expérience (celle d’être exposé aux effets de l’histoire).

Ce faisant, nous ancrons l’histoire dans la mémoire « puisque l’action continue du passé qui définit la tradition implique que cette dernière opère comme mémoire (individuelle et collective) » (Vultur, 2017, p. 260).  

Des questions auxquelles il faudra bien répondre un jour

Il faudrait remettre le développement technologique – et économique – à sa juste place (instrumentale).

Pour ce faire, il faudrait adhérer collectivement à des finalités en mesure de présenter une valeur transcendantale positive pour l’action humaine.

Or, est-il encore possible d’avoir foi en des fins transcendant les intérêts immédiats de l’action autrement que dans la foi religieuse ?

Sommes-nous encore capables d’un agir commun qui a pour fin la société ?

Pouvons-nous agir de telle sorte que nous soyons liés normativement, expressivement, transcendentalement et non pas seulement empiriquement (comme dans la technique et l’économie) ?

L’éducation a ici un rôle capital à jouer mais, pour qu’elle en soit capable, il faut la dégagée de l’emprise d’une vision instrumentale des choses.

Rôle pour les sciences humaines et sociales (SHS)


        Les SHS sont un agent essentiel de l’autoréflexivité collective.
   Pour jouer entièrement ce rôle, les SHS doivent tourner le dos à la fois au scientisme classique et à l’orientation gestionnaire (dominant actuellement).
       Ce faisant, les SHS se reconnecteraient à la tradition des «humanités» dont elles sont issues.
     En assumant pleinement leur héritage, les SHS pourraient alors jouer pleinement leur rôle pédagogique.

La notion de situation en phénoménologie


La notion de situation en phénoménologie signifie : je suis né à une époque donnée et cela délimite mes « pensables » et mes « possibles ». En fait, la situation est autre chose qu'une simple borne objective imposée à une conscience absolue. La situation est plutôt condition de l'action ou, encore, condition de la compréhension. Dans cette optique, pour la phénoménologie, il ne saurait exister quelque chose comme une conscience absolue. Il y a plutôt une appropriation créatrice du sens. Et, cette appropriation créatrice du sens constitue la conscience même (laquelle ne saurait être en surplomb du monde mais est toujours imbriquée en lui).

Comprendre chez Paul Ricoeur


Paul Ricoeur considère que la philosophie ne peut être la science des consciences. Pourquoi ? Parce la conscience n'est ni une origine, ni un fondement. Elle est plutôt une tâche à faire. En fait, l'appréhension directe de soi par soi est impossible : pas plus pour le commun des mortels que pour le philosophe. On ne peut en effet connaître le sujet entièrement par la seule réflexion directe parce que son activité se dépose inévitablement dans des objets, des actes et des oeuvres qui constituent le monde du sujet. Par conséquent, la compréhension de soi – et donc la compréhension de l'être humain - passe nécessairement par l'analyse du monde symbolique, social et culturel où la conscience peut trouver les traces de sa propre activité devenue, en quelque sorte, extérieure à elle-même. La compréhension commande donc l'analyse du langage symbolique, analyse que la philosophie doit mener. Comprendre c'est donc passer par la « voie longue » de la médiation notamment celle des productions humaines. On ne part donc jamais de zéro dans notre réflexion mais, toujours, on recommence; recommencement nourri du langage, nourri des oeuvres de l'humanité.

Structure transcendantale et individu


Je conçois l’intériorisation du symbolique comme étant la rencontre d’une structure transcendantale à priori (la société) et d’un individu (la société (voir à ce propos les travaux de Michel Freitag). Ainsi, les structures sociales sont constitutives de l’identité et de la sociabilité. Ces structures peuvent donc être vues comme des conditions ontologiques essentielles à l’existence humaine. Contrairement à une certaine métaphysique libérale, les médiations ne sont pas conçues ici comme des freins mais comme des conditions à la liberté.

Le propre de l'être humain

Ce qui est le propre de l’être humain : son inscription dans le symbolique.

 Tout sujet évolue dans un ordre symbolique qui lui pré-existe.

 Cet ordre préexistant est la société.

N’étant ni des monades (totalement libres), ni des automates (totalement déterminés), les humains sont liés à la société par un «rapport d’objectivation symbolique».

Les structures supra-individuelles orientent l’action mais cette orientation implique une adhésion du sujet.

Assumer l'historicisme


Un historicisme qui n’est pas téléologisme. 

Vision de l’histoire qui s’inscrit contre toute forme d’évolutionnisme. 

Une vision de l’histoire qui considère toutefois que le développement historique ne s’opère pas n’importe comment. 

Si la position téléologique en histoire est devenue intenable, il n'en demeure pas moins que l'histoire a un sens du fait qu'elle soit intelligible. 

De manière rétrospective, il est possible de reconstruire les développements historiques et d’en saisir la logique interne. 

Cependant, cette reconstruction ne répond en rien à une «nécessité historique» comme c’est le cas dans les visions évolutionniste ou téléologique de l’histoire. 

C’est dire qu’en matière d’histoire, les possibles sont toujours possibles.

Ma posture épistémologique


 Refus de la coupure épistémologique typique du positivisme et de son avatar actuel le postpositivisme. Les faits collectés ne sont que des réponses à des questions, le positivisme l'oublie toujours. Il n’y a pas de démarcation radicale entre science et sens commun. La réalité va toujours au-delà des réponses qu'on se donne. Le savoir en SHS se déploie dans le même champ ontologique que les autres pratiques sociales. Ce qui ne conduit pas à annuler la spécificité du regard du chercheur.  L’interprétation et la pratique en SHS ne sont pas en extériorité par rapport à la société de sorte que la théorie est un moment de la praxis.

Mémoire non biologique de l’être humain


Il existe quelque chose que l’on peut nommer « mémoire non biologique de l’être humain ». Cette mémoire est déposée dans des structures logiques et linguistiques, des institutions symboliques ainsi que dans les relations réflexives des sujets à leur environnement

Faits sociaux comme faits de signification


Les faits sociaux sont des faits de signification dans la mesure où ils intègrent la connaissance réflexive que possèdent les acteurs de leur contexte et de leurs effets possibles.

Le meilleur et le pire

Le web a produit parfois le meilleur mais le plus souvent le pire. Surtout, les réseaux sociaux ont ouvert la voie (voix) à l'expression décomplexée de tous les excès.

mercredi 1 mai 2019