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jeudi 23 février 2012

Réflexion sur le temps à l'école

L'institution scolaire adopte encore généralement un modèle du temps scolaire uniformisé qui renvoie à des impératifs administratifs plutôt que pédagogiques. Ce modèle du temps scolaire, qu'on peut dire classique, repose, en gros, sur trois grands principes : 1- uniformité; 2- morcellement; 3- structuration statique.

Or, il semble que ce modèle soit devenu quelque peu «dysfonctionnel». Par exemple, découper l'emploi du temps en heures de cours peut s'avéré être trop long pour les élèves s'ils suivent passivement (ou ne suivent pas du tout) et trop court s'ils sont fortement engagés dans la tâche et ont besoin de réfléchir plus à fond.

Ce modèle dit classique du temps est également contradictoire avec le discours éducatif ambiant qui incite à diversifier les pratiques pédagogiques et le rythme d'enseignement mais laisse l'emploi du temps inchangé.

Ce modèle classique est, enfin, contradictoire avec un certain discours éducatif qui souhaite favoriser le travail en équipe chez les enseignants, leur autonomie professionnelle ainsi que l'autonomie des établissements (tout ce beau monde soumis à un temps uniforme et rigide).

Bien entendu, le temps étant essentiellement une pratique sociale, on ne saurait le penser uniquement en termes quantitatifs (quantité de temps, plages horaires, etc.) mais aussi en termes qualitatifs. Ainsi, s'interroger sur le temps scolaire c'est nécessairement se questionner sur l'usage de ce temps dans l'école et dans les classes et, partant, se questionner sur les pratiques pédagogiques.

RÉFÉRENCES

Burguière, E., Husti, A. (dir.) (1994). École et temps. Actes de colloque. Paris : INRP.

Compère, M.-M. (dir.) (1997). Histoire du temps scolaire en Europe. Paris : Economica.

Desbiens, J.-F., Martineau, S., Gauthier, C. (2001). Augmenter le temps scolaire : mystification ou rationalisation. Dans «Le temps en éducation. Regards multiples», sous la direction de C. Saint-Jarre et L. Dupuy-Walker. Montréal : Logiques. p. 399-421.

St-Jarre, C. (1997). L'étude du rapport au temps chez les enseignantes et les enseignants de l'ordre secondaire du système d'éducation du Québec : une analyse du décalage établi entre le temps tel que prescrit par l'institution et le temps tel que vécu par elles et eux. Thèse de doctorat : Université du Québec à Montréal.

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