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dimanche 9 octobre 2011

On ne peut professionnaliser la fonction enseignante sans mobiliser la recherche

La sociologie des professions nous apprend que la question du savoir est un élément fondamental dans toute profession. En effet, il ne peut y avoir de profession sans un corpus de savoirs formalisés. Elle nous enseigne également que le processus de professionnalisation comporte une dimension politique au sens où un groupe ne peut se décréter lui-même professionnel, il doit plutôt le faire admettre par la société dans laquelle il s'insère. Ces éléments, savoir et pouvoir, sont donc comme les deux aspects d'une même réalité au sens où, premièrement, il n'y a pas de profession sans un corpus de savoirs formalisés et où, deuxièmement, il n'y a pas de profession sans un combat politique portant sur la reconnaissance de ces savoirs par le public.
En enseignement cela passe d'abord par l'identification des savoirs nécessaires pour enseigner. C'est la particularité proprement pédagogique du travail de l'enseignant qui est en cause ici. Des recherches en sciences de l'éducation ont rendu possible la mise au jour de savoirs pédagogiques permettant d'améliorer la compétence en enseignement. Mais cela n'est pas suffisant. La professionnalisation passe aussi par la reconnaissance par autrui de la qualité et la pertinence de ces savoirs. Il y a là une exigence politique au regard de ces savoirs. Par exemple, il y a plus de dix ans le Conseil supérieur de l'éducation posait déjà directement le problème dans cette direction: «le Conseil pense que des compétences faisant appel à ses savoirs d'ordres psychopédagogique et didactique devraient figurer au premier plan du programme de formation des maîtres.» (p. 58). On ne pouvait que se réjouir d'une telle prise de position en faveur des savoirs pédagogiques mais il est clair que le débat est loin d'être gagné tant certaines idées reçues perdurent. Encore aujourd'hui, en cette fin de 2011, d'aucuns pensent encore qu'enseigner s'apprend d'abord sur le tas, que les savoirs de la matière suffisent ou, pire, que savoir enseigner est une chose innée. Autant de positions anti-professionnelles.

RÉFÉRENCE :
Conseil supérieur de l'éducation (1997). Enseigner au collégial: une pratique professionnelle en renouvellement. Avis à la ministre de l'Éducation. Québec: Gouvernement du Québec.

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