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23 juin 2026

Une science qui a changé de finalité

Le projet classique de la science - la connaissance objective du monde tel qu'il est en lui-même - a cédé le pas à une nouvelle visée, laquelle consiste à contrôler l'environnement (social et naturel), contrôle fondé sur la prévisibilité des conséquences de l'action des humains sur le monde (social et naturel).

Quand Michel Freitag critique le pragmatisme

Pour Michel Freitag (sociologue québécois décédé en 2009), le pragmatisme n'est pas seulement une simple école philosophique, il représente le fondement idéologique majeur qui légitime la dissolution des structures normatives, symboliques et politiques de nos société au profit d'une gestion purement technique de la réalité.

Quand le fonctionnel prend le pas sur le sens

  • Une dissolution du symbolique : Le pragmatisme réduit toute action et toute pensée à leur seule utilité pratique. De sorte que le sens d'une institution ou d'une idée ne se mesure plus par sa valeur symbolique intrinsèque ou encore à sa légitimité historique, mais uniquement à son efficacité opérationnelle.

  • La perte du jugement critique : En évacuant les repères transcendantaux ou a priori (la justice, la vérité absolue, le bien commun), le pragmatisme remplace le débat démocratique et la réflexion sur les fins par une simple recherche de consensus technique sur les moyens.

Quand la science est réduite à n'être qu'une technologie de gestion

  • Ingénierie sociale : La vision pragmatique du monde transforme la société en un vaste système à réguler. Les problèmes sociaux, politiques ou écologiques ne sont plus traités à travers une délibération morale ou politique, mais réduits à des dysfonctionnements techniques que des experts peuvent « régler » (problem solving)

  • Gestion technocratique : C,est ainsi que le gouvernement des hommes devient une simple administration des choses, où l'algorithme, la statistique et l'évaluation quantitative remplacent le politique.

Quand le pragmatisme fait alliance avec la globalisation capitaliste

  • Légitimation du capitalisme financier : Le pragmatisme est l'allié philosophique naturel de la globalisation capitaliste. En prônant une flexibilité totale et une adaptation permanente aux flux du marché (« être pragmatique »), il désarme toute velléité de résistance idéologique ou de préservation des cultures locales.

  • Érosion de la liberté historique : En enfermant l'humanité dans l'adaptation perpétuelle au présent et au donné technique, le pragmatisme détruit la capacité des sociétés à s'auto-produire de manière consciente et à projeter un projet d'émancipation politique.

Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Freitag

Un comble

Dans un monde ivre de divertissement, le comble est de consommer les autres cultures par le voyage en se donnant l'illusion de l'ouverture à la différence.

18 juin 2026

Savoir

 Savoir que l'on ne sait pas est le plus important des savoirs.

Croyances

Plus souvent qu'autrement, on considère que les croyances des autres sont de simples croyances et que nos croyances sont des vérités.

Penser

 Il ne suffit pas de penser que l'on pense pour penser.

09 juin 2026

Deux postures extrêmes vis-à-vis la science

Deux postures extrêmes

1- celle qui fait de la science une « entité » hors sol aux caractéristiques très restreintes sur les plans ontologique, épistémologique, méthodologique; 

2- celle qui ramène la science à une pratique sociale dont les savoirs ne se distinguent aucunement de ce qui se crée dans les autres sphères de la société.

Un oubli

Les approches psychologiques ont la fâcheuse habitude d'ignorer le rapport dialectique entre l'individu et la société.

08 juin 2026

Éloignement

Au fur et à mesure que les sciences de l'éducation se rapprochent des milieux de pratique, elles s'éloignent de la théorie, pourtant visée incontournable de toute science.

Dérive techniciste

Les sciences de l'éducation sont devenues de simples techniques pour répondre aux " besoins" des milieux scolaires. Si cela n'est pas illégitime - loin de là - c'est à tout le moins extrêmement réducteur et le plus souvent peu scientifique.

04 juin 2026

Écouter...

Si nous apprenions de nouveau à nous mettre à l'écoute des vrais grands, le monde s'en porterait beaucoup mieux.

Mise à mort

Actuellement, le despotisme de l'instantané et de l'émotion tue la rationalité et la sagesse.

Petite question

 Où sont les hommes et les femmes justes, humbles et sages dont le monde a tant besoin ?

Questionnement

À l'instar des Allemands, qui se sont demandés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, «comment avons-nous pu laisser faire cela ?»... Nous nous interrogerons, nous aussi, sur les raisons qui expliquent notre apathie devant le saccage du monde par les puissants.

Il fut un temps...

Il fut un temps où les universités étaient des universités, imparfaites, certes, mais tout de même...Elles ne sont plus, désormais, que des usines à travailleurs qualifiés et des boîtes de consultants pour «partenaires socio-économiques» (lesquels, d'ailleurs, sont toujours moins sociaux qu'économiques).

Moralité et tyrannie

L'expérience nous montre que ceux qui se croient les plus moraux finissent toujours par devenir des tyrans pour les autres.

Liberté et servitude

La liberté est anxiogène, exigeante et incertaine pendant que la servitude est rassurante. Cela explique pas mal de choses.

Course vers nulle part

À tous courir comme des possédés après on ne sait quoi, nous restons désillusionnés et vides intérieurement.