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mercredi 9 août 2017

Notes sur l'herméneutique de Gadamer

Hans-Georg Gadamer est un philosophe allemand né à Marbourg le 11 février 1900 et mort à Heidelberg le 13 mars 2002. 


Disciple de Heidegger, il a développé une philosophie herméneutique très riche.

Quelques notions clé de l'herméneutique gadamérienne



Situation herméneutique :


La compréhension d’un phénomène est fonction de notre situation présente où s’expriment nos intérêts.

Horizon herméneutique :

Lorsqu’on tente de comprendre un phénomène, certaines questions ou préoccupations sont évidentes alors que d’autres nous sont inaccessibles.

L’efficace de l’histoire :

L’histoire n’est pas neutre, elle a un effet dans le temps qui se fait sentir et modèle notre manière de percevoir. «L’efficace de l’histoire» détermine toujours d’avance ce qui sera pour moi objet de recherche et de questionnement.

Le préjugé :

On se comprend toujours, au départ, de manière spontanée et ce, avant toute forme de réflexion. C’est pourquoi nos préjugés – plus que nos jugements – constituent notre réalité. Ainsi, il n’y a pas d’être hors préjugé. Par conséquent, l’horizon herméneutique – nos questions sur le monde – est formé de préjugés. Ces derniers, parce qu’ils nous fournissent des questions, rendent accessible ce qui est à comprendre. La compréhension départage les préjugés féconds de ceux qui ne le sont pas.

La tradition :

Elle est une condition de la compréhension car je ne comprends quelque chose qu’à partir d’une pré-compréhension, laquelle renvoie à mon inscription dans une histoire, une culture. La tradition n’est pas un savoir figé mais peut être envisagée comme des réponses à des problèmes vécus (dialectique question/réponse).

Une certaine conception herméneutique de l'interprétation


Dans cette conception, l'interprétation est conçue comme un parcours dans un texte ou une sorte de performance sémiotique.



La conception herméneutique de l'interprétation accorde notamment de l'importance à quatre facteurs plus ou moins ignorés par les conceptions syntaxiques ou logico-sémantiques de l'interprétation :



1- un sujet qui interprète et qui est toujours situé socialement, culturellement, historiquement;
2- une pratique sociale de l'interprétation qui est toujours historiquement ancrée;
3- une temporalité de l'interprétant et de l'interprété;
4- donc, une interprétation qui est toujours située.

La notion de situation en phénoménologie

 

La notion de situation en phénoménologie signifie : je suis né à une époque donnée et cela délimite mes «pensables» et mes «possibles». En fait, la situation est autre chose qu'une simple borne objective imposée à une conscience absolue. La situation est plutôt condition de l'action ou, encore, condition de la compréhension. Dans cette optique, pour la phénoménologie, il ne saurait exister quelque chose comme une conscience absolue. Il y a plutôt une appropriation créatrice du sens. Et, cette appropriation créatrice du sens constitue la conscience même (laquelle ne saurait être en surplomb du monde mais est toujours imbriquée en lui).


La compréhension a une structure herméneutique circulaire

Toute compréhension comporte une pré-compréhension, une structure d'anticipation qui est à son tour pré-figurée par la tradition dans laquelle vit l'interprète et qui modèle ses préjugés. Cette compréhension préalable peut à son tour se déployer pour elle-même, se comprendre d'une manière explicite. Cette explicitation d'une compréhension préalable, telle est la tâche de l'interprétation. L'idée d'une compréhension comme articulation d'une compréhension préalable correspond à la structure de ce qu’on appelle le cercle herméneutique.

La compréhension s'enracine d'abord dans le passé

La tradition n'est pas une chose que nous pouvons mettre de côté. En vertu du principe du «travail de l'histoire», nous appartenons d'abord à une tradition historique et c'est à partir d'elle que nous abordons les choses. Par exemple, notre connaissance de l'histoire, de l'art, de la science ou des lois morales, notre compréhension de concepts tels que le bien, la vérité, l'objectivité, bref la manière suivant laquelle nous comprenons et nous questionnons le monde, tout cela relève d'abord d'une tradition historique et culturelle. Par conséquent, nos interprétations ne sont jamais neutres mais toujours conditionnées par la tradition dans laquelle nous vivons et qui forme la substance de nos préjugés. La tradition est à la fois ce qui limite notre compréhension et ce qui la rend possible, à la fois ce qui la contraint et ce qui l'ouvre.

La compréhension est toujours linguistique

Si la compréhension est toujours conditionnée par une tradition historique, celle-ci vient à nous à travers le langage. Le langage n'est donc pas un outil neutre, extérieur à l'interprète, mais le véhicule même des traditions interprétatives. La langue parle en nous et nous constitue comme patrimoine de textes et de formes historiquement finies, comme ensemble de règles et comme dialogue interpersonnel. Nous appartenons au langage comme nous appartenons à l'histoire : ni devant, ni derrière, ni au-dessus, mais compris dans l'histoire, et donc compris dans une tradition interprétative et langagière. En ce sens, le «travail de l'histoire» à travers le langage n'est pas entièrement transparent; il dépasse notre subjectivité, la limite et la rend possible. Si l'interprétation est le ressort constitutif de toute activité cognitive et pratique, le langage est le mode d'être privilégié de cette activité interprétante.

La compréhension est toujours productive

La compréhension comporte une dimension productive qui se situe entre la création ex nihilo et la pure reproduction. Si la compréhension s'enracine d'abord dans une tradition interprétative qui la limite et la rend possible, en revanche elle n'est pas que la simple reprise et reproduction de la tradition. La compréhension s'enracine aussi dans le présent, dans les intérêts, les questions et les préoccupations de l'interprète. En ce sens, la compréhension ne loge ni du côté du sujet, ni du côté de l'objet ou de la tradition, mais dans cet entre-deux où le dialogue se noue. Toute compréhension comporte donc une production, à la fois une transformation de soi et de la tradition.

La compréhension comporte une application

Si la compréhension s'enracine aussi dans le présent, dans les questions, les intérêts, les préoccupations et les attentes de sens de l'interprète, en d'autres termes si l'interprète est constitutif de la vérité herméneutique c'est que la compréhension comporte un aspect d'application à soi, une compréhension de soi. Comprendre c'est en quelque sorte traduire dans ses propres termes, appliquer à sa situation présente, trouver un éclairage pour sa vie. Comprendre veut dire avoir réussi à appliquer un sens à notre situation, avoir trouvé réponse à nos questions. Cette application n'a rien d'une application instrumentale; elle relève plutôt d'une recherche de sens à partir de sa situation concrète, recherche de sens qui implique une ouverture à l'autre, et donc la possibilité d'un dialogue véritable.

La compréhension possède la structure logique du questionnement

L'être humain ne dispose pas d’une compréhension achevée et définitive sur le monde; sa rationalité est toujours limitée. De sorte que sa compréhension préalable est aussi un projet, une esquisse, un guide ouvert à des modifications et à des développements. Cette ouverture de la compréhension a la structure logique de la question. On pourrait le dire autrement. Si la compréhension comporte une application à soi, une compréhension de soi, et que l'application consiste dans la recherche d'un sens à notre situation actuelle, alors l'application obéit à la dialectique de la question et de la réponse. Par le questionnement, on s’ouvre à des nouveaux sens, à de nouvelles pratiques.

Dialogue

 

Pour les philosophes Gadamer (1996) et Ricoeur (1986), le dialogue joue un rôle de premier plan dans toute recherche de compréhension et de construction des savoirs, recherche qui ne peut jamais se reposer sur la possession définitive d’une vérité, et qui, pour cette raison même, implique une ouverture à l’altérité (que cette altérité s’incarne dans un texte, une œuvre d’art ou une personne en chair et en os). En fait, la compréhension humaine est essentiellement dialogique : dialogue entre moi et l’autre, entre l’interprète et un texte, entre le présent et le passé. La compréhension et le langage présentent ainsi la structure dialogique de la question et de la réponse (Gadamer, 1996). La promotion d’un art du dialogue est donc associée à une prise de conscience de la finitude de la compréhension humaine et de l’impossibilité de parvenir à une connaissance définitive du monde.

Le sens


La tradition de pensée phénoménologique et herméneutique nous apprend qu'à proprement parler, nous ne construisons pas de sens. Plutôt, nous le co-constituons en dialogue avec la chose visée. Cette manière de comprendre le sens qui advient évite ainsi un psychologisme naïf où l'ego apparaît comme souverain sur le monde. La tradition de pensée phénoménologique et herméneutique met en évidence le fait que l'ego est en dialogue avec une chose déjà porteuse de sens.

Références :


Gadamer, H.-G. (2006). Interroger les Grecs. Études sur les Présocratiques, Platon et Aristote. Montréal : Fides. 

Gadamer, H.-G. (2003). L’héritage de L’Europe. Paris : Payot. Traduit de l’allemand et préfacé par Philippe Ivernel.

Gadamer, H.-G. (2002). Les chemins de Heidegger. Paris : Librairie Philosophique J. Vrin. Collection « Bibliothèque des textes philosophiques ». Traduction, présentation et notes de Jean Grondin.

Gadamer, H.-G. (1996). Vérité et Méthode. Les grandes lignes d’une herméneutique philosophique. Paris : Seuil. Collection «L’ordre philosophique». Paru originellement en allemand en 1960.

Gadamer, H.-G. (1996). Le problème de la conscience historique. Paris : Seuil. Collection «traces écrites». Édition établie par Pierre Fruchon. Conférences prononcées en 1958.

Gadamer, H.-G. (1996). La philosophie herméneutique. Paris PUF. Collection Épiméthée.

Ricoeur, P. (1986). Du texte à l'action. Essais d'herméneutique générale, II.  Paris: Seuil. 

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