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à: http://aer.sagepub.com/content/47/4/919
Cadre théorique du développement
professionnel :
Durant les deux dernières
décennies, les recherches ont surtout porté sur l’amélioration des pratiques
d’enseignement (Elmore, 2004) ainsi que sur l’apprentissage professionnel des
enseignants (Cohen et Hill, 2000; Desimone, Porter, Garet, Yoon et Birman,
2002; Hubbart, Mehan et Stein, 2006; Thompson et Zeuli, 1999). Les recherches indiquent
qu’il est difficile d’apporter des changements significatifs à grande échelle
quant aux pratiques d’enseignement (Hubbart et al., 2006; Knapp, 1997; Spillane
et Zeuli, 1999; Supovitz, 2006). Récemment, l’attention s’est tournée vers le
rôle des districts scolaires et des leaders éducatifs quant au développement
professionnel et au soutien des enseignants.
Le développement professionnel
supporté par un formateur (instructional
coach) semble une avenue prometteuse (Taylor, 2008). Toutefois, peu de
recherches portent sur le développement professionnel de ces formateurs, de
même que sur leur rôle, le travail qu’ils ont à faire et la manière dont ils
apprennent à devenir des coachs efficaces.
Le rôle de coach implique
d’assumer un certain leadership quant à la réforme (en partenariat avec la
direction et les leaders locaux), en agissant à titre de médiateurs entre la
réforme et la pratique de classe (Hubbard et al., 2006; Swinnerton, 2007).
Ainsi, le coaching permet de supporter l’implantation de la réforme et de
favoriser l’apprentissage professionnel des enseignants (Costa et Garmston,
1994; Joyce et Showers, 1982; Showers, 1985).
Le rôle de coach d’instruction
(instructional coach) :
Le coach est un leader
enseignant, qui veille à favoriser l’apprentissage chez ses collègues. Dans le
cadre de cette étude, le coaching n’a pas une fonction d’évaluation, en ce sens
que les coachs n’adoptent pas une position d’autorité et de supervision, mais
plutôt un rôle de soutien auprès des autres enseignants, afin de pouvoir
rencontrer les objectifs de la réforme au sein de l’école ou du district
scolaire (Mangin et Stoelinga, 2008b; Neufeld et Roper, 2003). Le rôle de coach
inclut : l’observation de l’enseignant en classe, la démonstration de
modèles de pratique et la formation incluant pré et post conférences auprès des
enseignants. Selon la littérature, les coachs doivent : trouver des
enseignants à « coacher », identifier les interventions appropriées
pour favoriser l’apprentissage des enseignants, modéliser l’enseignement,
collecter des données au sein des classes et engager les enseignants dans un
dialogue quant à la classe et aux pratiques d’autrui (Knight, 2006). Le coach
doit posséder des habiletés quant à la communication, à la gestion du
changement, à la création de liens et au leadership quant au développement
professionnel des enseignants.
« In practice,
coaching roles often involve a delicate balance between peer coaching or
mentoring responsabilities and whole-school improvement or system-wide professional
development (Knight, 2004).”
On fait parfois référence au
terme “agents de changements” pour parler des coachs, en ce sens que les
enseignants qui jouent ce rôle sont considérés comme des vecteurs de changement
à travers le développement professionnel qu’ils favorisent (Learning Point
Associate, 2004; Tung et al., 2004). Les coachs peuvent également soutenir le
développement de nouvelles connaissances et filtrer les nouvelles informations
provenant de l’extérieur de l’école (par exemple, des résultats de recherches).
L’apprentissage professionnel
des coachs :
Les récentes recherches portant
sur le coaching soulignent l’importance d’une formation et d’un entraînement
soutenu des coachs, afin de favoriser le succès du coaching (Brown, Stroh,
Fouts et Baker, 2005; Gallucci et Swanson, 2008; Knight, 2006; Marsh et al.,
2008; Shanklin, 2007; Smith, 2009). Les chercheurs soulignent que les coachs
sont parfois mal préparés afin d’assumer leur rôle (Coggins et al. 2003;
Lowenhaupt et McKinney, 2007; Tung et al., 2004), notamment en ce qui concernent les relations
un à un avec les enseignants et les façons de guider la conversation (Neufeld
et Roper, 2002).
Néanmoins, il y a peu de
recherches portant sur le développement professionnel des coachs et sur ce qui
pourrait aider ces derniers à apprendre comment supporter efficacement
l’apprentissage de leurs collègues (Marsh et al., 2008). En effet, dans la
littérature, l’expertise pédagogique des coachs semble être considérée comme un
pré requis pour ce rôle et peu de recherche proposent des formes de supports
structurés afin d’assister les coachs. Ainsi, les coachs sont souvent laissés à
eux-mêmes pour surmonter les obstacles rencontrés et pour définir leur rôle au
fur et à mesure qu’ils l’apprennent (Lord, Cress et Miller, 2008; Marsh et al.,
2008).
Selon les auteurs, bien que les
coachs aient pour rôle de supporter l’apprentissage des autres enseignants, ils
sont eux aussi en apprentissage, en particulier en contexte de réforme.
Modèle théorique :
Les auteurs basent leur analyse
sur les théories socioculturelles de l’apprentissage, qui stipulent que
l’apprentissage professionnel est une activité sociale située, en ce sens qu’il
s’inscrit dans un contexte historique et social. Ainsi, le coaching constitue une
pratique située. Selon la théorie vygotskienne (Vygotski, 1978),
l’apprentissage et le changement constituent l’internalisation et la
transformation des outils culturels qui apparaît lorsque les individus
participent à des pratiques sociales. C’est par la médiation des pairs que
l’individu parvient à se développer. La théorie de Vygotski permet de mieux
comprendre la relation qui existe entre l’apprentissage individuel (en
situation de coaching) et le support organisationnel quant au développement
professionnel. Pour ce faire, les auteurs basent leur analyse sur un modèle
conceptuel, nommé le « Vygotski space » (Harré, 1984; Gavelek et
Raphael, 1996; McVee, Dunsmore et Gavelek, 2005), qui représente l’apprentissage
en termes d’actions collectives ou individuelles et d’organisation publique ou
privée.
En lien avec ce modèle, McVee et
al. (2005) ont établi 4 phases itératives quant au processus
d’apprentissage :
1. Appropriation
individuelle de façons particulières de penser, par l’interaction avec autrui.
2. Transformation
individuelle de cette pensée dans son
contexte personnel de travail.
3. Publication de nouveaux
apprentissages par la parole ou l’action.
4. Le processus devient conventionnalisé
(normalisé) dans la pratique de l’individu et/ou dans le travail d’autrui.
Éléments méthodologiques :
Cet article se base sur les
données empiriques d’une étude longitudinale qualitative d’une durée de 4 ans,
portant sur trois districts scolaires en processus de réforme et travaillant en
partenariat avec une université. Les chercheurs ont cherché à analyser le
développement professionnel des enseignants coachs en contexte de réforme. Plus
particulièrement, les auteurs ont effectué une étude de cas portent sur les
expériences d’apprentissage d’un coach et sur le support organisationnel qu’il
a reçu pour favoriser son apprentissage. Les données portent sur 14 mois
d’observation de cet enseignant (lors de sessions de développement
professionnel, de réunions départementales, d’activités de coaching, etc.) et 4 entrevues individuelles, ce qui a permis
une analyse en profondeur de son apprentissage professionnel quant au rôle de
coach. En outre, 4 entrevues ont été réalisées avec des enseignants de l’école,
deux avec la direction et trois avec le consultant externe travaillant avec le
coach. Les données ont été codées avec le logiciel HyperResearch et les notes
de terrain ont été codées à la main.
L’enseignant coach de cette étude
de cas travaille pour l’école secondaire Ridgeview Junior High, dans le
district de Ridgeview, à Washington. Il s’agit d’une école en milieu urbain,
défavorisé et multiethnique, où l’enseignant agit à titre de coach en écriture
(litteracy) et d’enseignant (50% du
temps).
Avec la réforme instaurée au
niveau de ce district, certaines classes ont été sélectionnées comme lieux
privilégiés pour l’apprentissage professionnel de la « litteracy » au sein de l’école. Ces
classes, nommées « studio classrooms »
offrent l’opportunité aux enseignants d’apprendre tout en étant guidés par un
consultant externe. Les activités proposées sont : observations de
planification de leçons, démonstrations de leçons et sessions de débriefing et
discussions quant à la littérature professionnelle. Les enseignants, les coachs
et la direction peuvent participer aux sessions pour une demi à une journée
complète, de 3 à 4 fois par année.
Résultats
:
Observation de l’enseignant au
début de l’étude de cas :
La première observation date de
décembre 2006, alors que l’enseignant (nommé Dan dans l’étude), donnait un
cours de langue (language arts) à 28
enseignants du secondaire (huitième année). Le cours portait sur l’écriture
d’un essai, à partir d’un modèle (diagramme de maison) fourni afin d’aider les
étudiants à organiser leurs idées. L’utilisation du modèle était directive mais
les étudiants avaient une certaine liberté quant au choix du sujet de leur
essai. Les chercheurs notent que la discussion entre Dan et les élèves est
alors informationnelle, procédurale et directive. Dans les mois qui suivront,
la pratique professionnelle de Dan va se transformer, notamment il n’aura plus
recours à l’utilisation de modèles d’écriture.
Une opportunité
d’apprentissage publique et collective : Phase d’introduction
Selon la classification du
« Vygotski space », les
sessions de « studio
classrooms » constituent des occasions d’apprentissage publiques,
impliquant une participation collective. Durant l’année 2006-2007, les
enseignants de l’école ont eu l’occasion de participer à ces sessions à trois
reprises. Le consultant externe a abordé les thèmes suivants en lien avec
les objectifs du district en ce qui concerne la littératie : l’utilisation
d’ateliers, le support aux élèves pour la compréhension de textes, la stratégie
de déléguer graduellement la responsabilité de l’apprentissage aux élèves,
l’utilisation de données sur les élèves pour la planification, etc.
Une démonstration de leçon a été
effectuée avec Ted, l’enseignant de la classe de studio, en compagnie du
consultant externe. Suite à cette démonstration, Dan a pu discuter en grand
groupe, ainsi que seul à seul avec Ted. Dan a retenu l’importance de permettre
à l’élève de choisir ses propres citations lors de l’écriture, ce qui apporté
des transformations quant à son enseignement. À ce stade, en tant que coach, il
approuve le travail de consultant auprès de ses collègues, mais il n’a pas
encore mis en place de stratégie de coaching, telles que le co-enseignement, la
co-planification ou la rétroaction.
Adopter des idées à partir des
opportunités d’apprentissage : Phase d’appropriation
Toujours selon la classification
du « Vygotski space », Dan
passe ensuite à une phase d’internalisation où il s’approprie certaines idées
de la sphère publique (sessions de studio), afin de les adapter à la sphère
privée que constitue son travail en tant qu’enseignant et que coach. Cette
appropriation passe par la réflexion et la discussion quant aux nouvelles
idées. L’appropriation de Dan s’est surtout effectuée au niveau de son
enseignement (nouvelles pratiques pédagogiques, enseignement moins directif,
plus de liberté laissée à l’élève quant aux choix des textes à écrire, etc.)
et, dans une moindre mesure, quant au coaching (idées et pratiques nouvelles à
apporter aux enseignants coachés). À partir de l’hiver 2007, Dan s’approprie de
nouvelles méthodes de coaching (à partir des réunions de coachs, des session de
studio et des séminaires de district) : aider les enseignants à identifier
l’objectif d’une leçon, modéliser une leçon à partir de son propre enseignement
pour un collègue et analyser les aspects du travail des enseignants afin
d’identifier les prochaines étapes d’apprentissage pour ces derniers.
Apprendre en emploi :
Phase de transformation :
Les chercheurs notent un
processus d’apprentissage parallèle, en ce sens que les apprentissages de Dan
en tant qu’enseignant et en tant que coach apparaissent simultanément, en
réponse aux objectifs de réforme du district. Ainsi, les nouvelles idées
auxquelles Dan est exposé durant les différentes activités de développement
professionnel (réunions, sessions de studio, etc.) vont venir transformer à la
fois son enseignement et son coaching.
Les transformations quant à
l’enseignement : Elles concernent surtout l’appropriation de nouvelles
idées et l’utilisation de ces dernières dans la pratique, par exemple :
favoriser la discussion entre les élèves pour soutenir leur réflexion, lire
tout haut pour les élèves et rendre sa réflexion accessible pour les élèves.
Toutefois, on note encore que certaines pratiques ne sont pas en lien avec les
objectifs de réforme du district. Notamment, Dan continue de poser beaucoup de
questions fermées (plutôt qu’ouvertes). Les chercheurs expliquent cela par le
fait que la transformation constitue un processus dans lequel l’individu
construit de nouvelles connaissances en interaction avec le monde extérieur
mais également avec ses conceptions antérieures (John-Steiner et Mahn, 1996).
Plus tard dans l’année, Dan va utiliser de plus en plus de questions ouvertes.
Les transformations quant au
coaching : Dan a adopté le principe de délégation graduelle (présenté lors
des sessions de développement professionnel) quant à son propre coaching. Selon
ce principe, le coach commence par démontrer et modéliser des pratiques
d’enseignement, puis, un peu plus tard, il travaille côte-à-côte avec
l’enseignant (co-enseignement et co-planification) et enfin, il reste en
retrait et observe la pratique de l’enseignant en réfléchissant sur les
prochaines étapes d’apprentissage qu’il lui reste à franchir. Au fil du temps,
Dan devient plus habile à modéliser les leçons : plutôt que de transposer
directement une leçon effectuée avec ses étudiants dans la classe d’un autre
enseignant, Dan adapte la leçon pour mieux prendre en considération les élèves
de cet autre enseignant.
Faire en sorte que les apprentissages
du coach deviennent visibles pour autrui : Phase de publication :
La phase de publication (tirée du
Vygotsky space) correspond à l’étape
où les transformations quant à la pratique professionnelle de Dan sont
démontrées de manière à devenir une ressource pour l’apprentissage des autres
individus au sein de l’école ou du district. Ces périodes de publication
s’observent notamment lorsque Dan parle d’une stratégie pédagogique lors d’une
réunion, dirige les autres coachs ou les autres enseignants quant à
l’utilisation d’une stratégie, modélise une leçon ou offre une session de
formation professionnelle pour d’autres enseignants. Les deux pratiques dont
Dan fait surtout la promotion auprès de ses pairs sont : la lecture à voix
haute et la lecture partagée. Ces deux pratiques ont été observées d’abord dans
les sessions de studio avec le consultant externe, puis Dan les a mises en
application dans sa classe et enfin, il
partage ses découvertes avec ses collègues (discussion, modélisation).
Les auteurs notent que les
différentes étapes d’apprentissage (introduction, appropriation,
transformation et publication) n’apparaissent pas de manière linéaire, mais
se recoupent plutôt de manière itérative. Par exemple, certaines publications
effectuées par Dan sont survenues avant certaines transformations dans sa
pratique. Néanmoins, on peut dire qu’avec le temps, la pratique de Dan s’est
transformée en fonction des objectifs de réforme du district.
« Dan seemed to
learn when he was invited to publicize his emerging ideas about teaching and
coaching and his publication creates opportunities for the learning of others
in his school.” (p. 956)
Processus de
conventionnalisation :
Par ce processus, les pratiques
qui ont passé par l’appropriation et la transformation deviennent normalisées
pour un groupe. Ainsi, le processus est prospectif, en ce sens que
l’apprentissage individuel devient une ressource potentielle pour le groupe.
Dans ce cas, l’apprentissage réalisé par Dan est devenu une ressource pour
l’apprentissage des autres enseignants dans son département. Le processus est
également rétrospectif, puisque les cycles d’apprentissage sont supportés par
les structures organisationnelles (pratiques, procédures et politiques en
place).
Les auteurs démontrent ensuite
comment le support organisationnel peut favoriser la conventionnalisation des
nouvelles idées quant au coaching, à l’enseignement ou à l’apprentissage des
élèves.
Établir et communiquer une
vision partagée :
Dans ce district, les activités
et les gens sont centrés sur un objectif de réforme commun : celui
d’améliorer l’enseignement de la littératie. Plusieurs structures de
développement professionnel sont instaurées dans le cadre de cet
objectif : sessions de studio, journée de formation pour les coachs,
séminaires de pratique, etc. Ces structures ont été mises en place afin de
supporter le développement individuel, en lien avec les besoins collectifs de
changement (réforme).
Pour le district, il s’agit donc
de s’assurer d’engager activement tous les membres du personnel quant à leur
apprentissage et de veiller au contenu de cet apprentissage pour les
enseignants et les coachs. Afin de favoriser cet engagement et cet
investissement du personnel, le district a cherché à mettre en place des
structures de développement professionnel permettant de répondre aux besoins et
intérêts des membres et en lien avec la pratique.
Développer un système de
soutien pour l’apprentissage chez les coachs :
« In Ridgeview
School District, professional learning opportunities were designed to be
ongoing, content focused, and situated in practice; activities such as studio
sessions and coaching cycles were established in every school.” (p.
950). Les coachs participent également à des séminaires de district, des
sessions d’école d’été, des journées de libération au sein de l’école pour le
développement professionnel, etc. Toutes ces opportunités de développement
professionnel constituent un système de soutien pour l’apprentissage du
coaching.
Dans le cas de Dan, le système de
soutien le plus efficace a été les sessions de studio, regroupant des
enseignants, des coachs, des directions et des consultants externes. Ces
sessions ont permis à Dan, ainsi qu’à ses collègues, d’apprendre de nouvelles
techniques et de pratiquer ces techniques sous la direction d’un consultant.
Les séances de studio ont également permis à Dan de développer des compétences
en tant que coach et d’être perçu en tant que leader par ses pairs.
L’apprentissage du rôle de coach
chez Dan a également été supporté par les rencontres mensuelles entre coachs,
qui permettaient de réfléchir plus particulièrement sur son développement
professionnel en tant que coach.
Éléments
conventionnalisés :
Les chercheurs notent qu’en ce
qui concerne le développement professionnel, les enseignants du département de
Dan ont adopté une conception de l’apprentissage professionnel qui inclut le
travail avec un coach et le questionnement public quant aux nouvelles idées sur
la pratique. De même, la participation à des modélisations de leçons est
également devenue une pratique conventionnalisée.
Conclusion :
Dans un contexte de réforme, les
coachs vont souvent avoir à apprendre différentes stratégies pédagogiques en
même tant que les autres enseignants, ce qui était le cas pour Dan. Le coach se
retrouve alors en situation d’apprentissage lui-même, ce qui peut rendre son
rôle plus difficile. Dans le cas de Dan, plus ce dernier s’appropriait et
transformait de nouvelles idées dans sa propre pratique, plus il devenait
habile à coacher les autres enseignants. Ainsi, pour que le coaching soit
efficace, il ne s’agit pas seulement de reproduire les idées suggérées par la
réforme ou modélisées par un expert, mais également de se les approprier, de
les transformer dans le contexte de sa propre pratique et enfin de les partager
avec autrui.
Dans le cas de Dan, on peut voir
que les structures de développement professionnel coordonnées afin de répondre
aux besoins de différents acteurs, peuvent faciliter l’apprentissage chez les
enseignants et chez les coachs, en lien avec les objectifs de la réforme.
Ainsi, la présence d’un système de soutien et de formation pour les coachs est
essentielle pour favoriser leur efficacité auprès des autres enseignants. Les
chercheurs notent, à partir du cas de Dan, que l’expertise des coachs n’est pas
statique, mais qu’elle implique un apprentissage continu. Enfin, ils soulignent
que les recherches futures devront se pencher davantage sur la question de
l’apprentissage et du développement professionnel chez les coachs.
Billet (2002) traite d’une
pédagogie du marché du travail (workplace
pedagogy) qui permet de relier les intérêts et valeurs individuelles avec
les objectifs du marché du travail et dont il définit trois plans :
1) Participation aux activités du
travail en tant qu’opportunités pour l’apprentissage, incluant l’accès aux
objectifs organisationnels et aux demandes de transformation du travail.
2) Apprentissage guidé dans la
pratique incluant le modelage et le coaching.
3) Scénarios de résolution de
problèmes afin d’étendre l’apprentissage à de nouvelles situations.
Cette classification de Billet
peut être utile pour analyser le cas de Dan, en ce sens que le district de
Ridgeview a mis en place des opportunités de développement concernant les trois
plans décrit par Billet (les scénarios de résolution de problème correspondant
aux sessions de studio).
En conclusion, les auteurs
soulignent que les systèmes de soutien efficaces quant à l’apprentissage
professionnel devraient prendre en considération la dynamique existante entre
les dimensions individuelles et collectives de l’apprentissage. Notamment, les
opportunités de publication (discussions, présentations, formations sur une
pratique) semblent avoir un impact à la fois sur les individus et sur la collectivité.
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