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05 janvier 2011

Brèves considérations sur l'action

1- L'action nécessite un accomplissement contextualisé :

- chaque action survient dans un contexte physique, social, culturel porteur de contraintes et de ressources;
- chaque action s’inscrit aussi dans une situation particulière.

2- Elle est nécessairement «opératrice», productrice, et en ce sens, elle ne peut être purement contemplative.

3- Elle est le fruit d’une interaction :

- avec un environnement;
- avec autrui.

En contexte professionnel, l’action se développe à partir d’un cadre général connu des acteurs de sorte que tout n’est pas à réinventer et à construire à chaque situation.

Ainsi, l’action est interprétation.

Habitus et mémoire situationnelle

Le concept d'habitus et de mémoire situationnelle sont très proches.

Le concept d’habitus chez le sociologue français Pierre Bourdieu fait référence à une sorte de grammaire générative, un système de dispositions acquises, un ensemble de schèmes d’action (Bourdieu, 1972, 1980).

Quant à lui, le concept de mémoire situationnelle fait référence au fait que nos comportements dépendent d’attributions tacites, de jugements implicites, de modèles intériorisés à travers nos expériences de vie. La mémoire situationnelle est en quelque sorte une aptitude à rapprocher un événement présent à des événements passés, à trouver des similitudes entre les événements.

RÉFÉRENCES :

Bourdieu, Pierre (1972). Esquisse d’une théorie de la pratique. Paris : Droz.

Bourdieu, Pierre (1980). Le sens pratique. Paris : Seuil.

Tochon, F.V. (1993). L’enseignant expert. Paris : Nathan.

Cognition située

La cognition située est un terme à la mode en sciences de l'éducation. Globalement, cela signifie que l’intelligence ne réside pas que dans la tête de l’être humain.

L'intelligence existe aussi dans :

- l’environnement physique (objets, livres, etc.);
- l’environnement social (interactions avec les autres sujets).

Référence classique :

Brown, J. S., Collins, A., Duguid, P. (1988). Situed cognition and the culture of learning. Educational Researcher, 18 (1), p. 32-42.

Apprentissage et expérience en contexte professionnel

Apprendre c’est :
Percevoir;
Interagir;
Intégrer.

Le savoir professionnel se développe certes par l’accumulation de savoirs théoriques produits notamment par la recherche mais surtout par l’expérience concrète du «terrain». Cette expérience permet non seulement de générer de nouveaux savoirs mais aussi d’ajuster et de juger de la pertinence des savoirs formalisés (comme le sont ceux issus de la recherche).

Rôle des croyances dans la connaissance :
Les croyances sont des représentations souvent issues de l’expérience. Elles sont le plus souvent non objectives et relativement tacites. Elles jouent un rôle important dans l’acceptation des savoirs. Elles agissent en fait comme un filtre au sens où elles influencent la façon de lire les phénomènes, de les interpréter et donc de les comprendre. L’apprenant n’est donc pas passif devant le savoir. Son apprentissage sera une rencontre entre ses connaissances et ses croyances et les nouveaux savoirs à acquérir. Si ces derniers viennent en contradiction avec les premières, ils devront déconstruire ce qui est là sinon il n’y aura pas d’apprentissage.

Pour qu’il y ait apprentissage :
L’acquisition de connaissances ou l’expérience doit être suivie d’une réflexion et/ou d’une expérimentation.

RÉFÉRENCE :
Bourassa, B., Serre, F., Ross, D. (1999). Apprendre de son expérience. Québec : Presses de l’Université du Québec.