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04 novembre 2013

Comprendre ?

Le verbe comprendre veut dire «prendre avec». Ainsi, comprendre c'est prendre ou encore appréhender. Donc, il est possible de comprendre qu'à la condition d'avoir pris, d'avoir saisi une chose. D'ailleurs, le verbe saisir est très souvent interprété comme équivalent du verbe comprendre : «j'ai saisi» veut dire «j'ai compris». Et, saisir c'est bien justement prendre.

Toutefois, prendre n'est pas suffisant pour comprendre. En fait, pour comprendre, il faut également prendre avec. Prendre avec autre chose. Comprendre c'est lier, c'est rattacher. Prendre aussi avec soi-même, c'est-à-dire, faire sein, assimiler.

Or, comprendre c'est plus que cela encore. Mais ici, en quelque sorte, le mot demeure au dessous de l'idée même. En effet, comprendre c'est plus que prendre avec, comprendre c'est aussi être pris avec. Comprendre, alors, c'est être pris par quelque chose ou, dit autrement, c'est se donner à quelque chose. La compréhension devient donc un double mouvement où je prends et où je suis pris.

02 novembre 2013

Interculturalisme

Dans le contexte québécois actuel, on lira avec profit le très intéressant ouvrage de l'historien et sociologue Gérard Bouchard.

Bouchard, G. (2012). L’interculturalisme. Un point de vue québécois. Montréal : Boréal.

01 novembre 2013

Le choix d'une méthodologie en sciences humaines et sociales

Le choix d'une approche méthodologique en SHS n'est pas uniquement un processus rationnel.

Le choix de l'approche révèle en fait les préoccupations et les besoins du chercheur.

Ainsi, au côté de la rationalité, l'intuition contribue aux choix qui sont faits car le chercheur n'arrive pas «vierge» devant l'objet à investiguer (d'ailleurs, le choix de cet objet est en lui-même un processus qui n'est pas guidé par la seule rationalité) mais y projette sa structure d'anticipation, ses affinités.

Par le fait même, une approche méthodologique n'est pas d'abord un choix d'outils de collecte de données. Elle est surtout l'adoption d'une logique dans la manière d'appréhender le monde.

Ainsi, choisir une approche méthodologique c'est opter pour une certaine vision de la réalité.

En quelque sorte, le chercheur fait un acte de foi envers l'approche choisie et cet acte de foi oriente l'ensemble de sa démarche intellectuelle.

Voir notamment :
Chantal Deschamps (1988), L'approche phénoménologique en recherche, Montréal, Guérin universitaire.

La condition postmoderne

Le philosophe français Jean-François Lyotard fut un des premiers, sinon le premier, à introduire dans le monde intellectuel la notion de postmodernité. Cette notion apparaît dans son ouvrage «La condition postmoderne. Rapport sur le savoir» (Paris, Éditions de Minuit, 1985).

Dans cet ouvrage - édition d'un mémoire commandé par le gouvernement du Québec - Lyotard fait l'hypothèse suivante :
«(...) le savoir change de statut en même temps que les sociétés entrent dans l'âge dit post-industriel et les cultures dans l'âge postmoderne». (p. 11)

Pour le philosophe, il existe trois types d'énoncés :
-  des énoncés dénotatifs;
-  des énoncés performatifs;
- des énoncés prescriptifs.

Or, chaque type d'énoncés donne lieu à des «jeux de langage» aux règles différentes :
- les énoncés dénotatifs renvoient à la distinction du vrai et du faux;
- les énoncés performatifs renvoient  à la distinction de l'efficient et de l'inefficient;
- les énoncés prescriptifs renvoient à la distinction du juste et de l'injuste.

Et, les jeux de langage ne peuvent s'unir dans un métadiscours.

Bien qu'elle soit devenue très importante dans notre monde, la science ne peut prétendre légitimer les autres jeux de langage. Ainsi, par exemple, ce n'est pas parce que quelque chose est vrai qu'il est juste. Ou encore, quelque chose de juste n'est pas nécessairement efficient.

En conséquence, Lyortard soutient que notre monde expérimente une pluralité de discours aux règles hétérogènes et dont la synthèse harmonieuse est impossible.