L’herméneutique nous conduit à penser la liberté académique et l’épistémologie sous l’angle non pas d’abord des lois et règlements régissant les acteurs mais sous celui des conditions de possibilité éthiques, épistémologiques, relationnelles, pour que se noue le dialogue entre paroles divergentes, parfois conflictuelles, en vue d’une riche production de connaissances mais aussi d’une formation pleine et entière. Qu’il y ait des lois et des règlements pour affirmer et favoriser la liberté académique, cela est bienvenu mais, il ne faut pas se leurrer, cette liberté tant chérie ne saurait être assurée par ces seuls outils. L’herméneutique nous le laisse entendre. La liberté académique exige davantage. Elle implique un milieu dont les finalités mêmes sont cette liberté. Or, l’autonomie universitaire étant sous tension et l’université sommée de justifier son existence par sa capacité à «être utile», la liberté académique peut-elle être pleinement protégée (au sens où l’entend l’herrnéneutique) : sachant que nos universités sont radicalement tournées vers des marchés à conquérir (Freitag, 1995; Readings, 2013) des clientèles à séduire (Côté et Allahar, 2010), des savoirs à développer pour des partenaires (Lajoie, 2009)?
Côté, J.E., Allahar, A. L. (2010). La tour de papier. L’université, mais à quel prix ? Montréal : Logiques. Paru originellement en anglais en 2007.
Freitag, M. (1995). Le naufrage de l'Université. Et autres essais d'épistémologie politique. Québec/Paris : Nuit Blanche/La Découverte.
Lajoie, A. (2009). Vivre la recherche libre ! Les subventions publiques à la recherche en sciences humaines et sociales au Québec. Montréal : Liber.
Readings, B. (2013). Dans les ruines de l’université. Traduit de l’anglais par Nicolas Calvé. Montréal : Lux. Collection Humanités.
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